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06/06/2006

Elle aurait 100 ans ...

Joséphine Baker aurait eu cent ans le 3 juin 2006…



Née en Louisiane, elle a connu la pauvreté, le racisme, la gloire à Paris, l’exil pendant la Seconde Guerre mondiale… Elle, qui rêvait d’enfant sans pouvoir enfanter, résolut en 1949 d’adopter des enfants de toutes les races pour constituer autour d’elle une « tribu arc-en-ciel ».


Le monde entier en une seule famille
Avec son mari d’alors, le chef d’orchestre Jo Bouillon, Joséphine Baker décide en 1949 de rassembler, dans sa propriété des Milandes en Dordogne, des enfants de tous pays : un blanc, un jaune, un noir, un rouge, et leur donner l’affection et le confort dont elle avait tant manqué dans sa propre enfance. Il faut quelques années avant que le projet ne prenne corps. C’est à partir de 1954 qu’elle commence à ramener des enfants de ses nombreuses tournées de chants et de danses tout autour du monde.

Toutes les couleurs…
En début d’année 1954, en voyage au Japon, elle fait le tour des orphelinats locaux et adopte deux enfants au lieu d’un : Akio (ce qui signifie « Automne ») et Tenuya (bientôt surnommé Janot), tous deux abandonnés par des mères coréennes ou japonaises séduites par des soldats américains.
D’un orphelinat d’Helsinki en Finlande, elle ramène un petit blond de deux ans, Jari. De Colombie, un petit noir, Luis, donné par sa mère qui avait déjà sept enfants qu’elle peinait à nourrir. Il ne manque plus qu’un petit Indien d’Amérique pour compléter la famille arc-en-ciel telle qu’elle l’avait définie au départ.
Mais, un jour qu’elle revenait de Paris en Dordogne, son mari la retrouve accompagnée d’un petit Français, Jean-Claude. Jo Bouillon est un père adoptif aimant, mais il commence à craindre une croissance exponentielle du nombre d’enfants, trop peut-être pour que leurs revenus puissent suffire.

… et toutes les religions
Joséphine ayant déjà adopté un bouddhiste (Akio), un shintoïste (Tenuya), un protestant (Jari), deux catholiques (Luis et Jean-Claude), elle décide qu’il lui faut absolument un enfant juif. La voilà bientôt avec un petit Moïse de dix mois ! Les six enfants réunis en Dordogne avaient alors de quatre ans à dix mois.

La quête continue
En 1956, elle ramène d’Afrique du Nord deux bébés, un garçon et une fille, un Musulman et une Française, seuls rescapés d’un massacre de la guerre d’Algérie, et qu’elle nomme Brahim et Marianne.
En 1957, elle adopte en Côte d’Ivoire Kofi, un bébé africain dont la mère vient de décéder dans un hôpital et dont le père est inconnu.
En 1958, elle recueille un nouveau-né trouvé à Paris dans une poubelle la veille de Noël, André, dont elle change le prénom pour celui de Noël.
En 1959, elle trouve enfin le petit Indien qu’elle souhaitait depuis le début de cette aventure familiale : Mara, du Venezuela, profondément sous-alimenté et qui aura besoin de nombreux soins.
Enfin, elle complète la tribu en 1962, avec une petite fille abandonnée, née en France de mère marocaine, à laquelle elle donne le prénom italien de Stellina, « petite étoile ».
Comme si cette douzaine n’apaisait pas sa soif d’adoption, elle ramène aussi pour sa sœur un bébé d’origine hindoue, Rama, trouvée dans un orphelinat belge !

Un pari réussi
Joséphine annonce régulièrement qu’elle va quitter la scène pour s’occuper de ses enfants. Mais comme il lui faut de l’argent pour les élever et que la scène est la seule carrière qu’elle se connaisse, elle y revient régulièrement. Il va finalement s’écouler vingt-cinq ans entre ses premiers « adieux à la scène » et les derniers !

Jo et Joséphine sont les père et mère effectifs de tous ces enfants recueillis, mais c’est surtout Jo qui s’en occupe au quotidien. Aux dires de ses proches, Joséphine les gâte trop, les couvre de trop nombreux cadeaux, emploie trop de gouvernantes (pour enseigner à chacun sa religion et sa civilisation d’origine) et ne fait guère régner la discipline ! Mais les enfants se savent aimés : l’excès d’enfants n’a jamais pu tarir chez Joséphine l’excès d’amour !

Quel grand cœur …

Commentaires

Adolescent lors de la création des Millandes, je me souviens bien des réactions du cercle familial.
Est-ce par esprit de contradiction, souvent fréquent à cet âge, ou par sincérité, je soutenais Jo et Joséphine contre vents et marées.

Certains fulminait contre cette négresse qui dansait nue avec une banane placée la où il est impossible d'entendre.

Mais les jeunes sont sensibles à l'humain, et sous le strass, il y avait le coeur.

Écrit par : Christian VIAL | 06/06/2006

Joséphine Baker me fait penser automatiquement à notre petit séjour, avec ma voisine, dans une partie du Périgord. Bien sûr nous n'avions pas manqué de visiter les Milandes, château racheté par une jeune fille du pays, devenu un musée très bien documenté sur Joséphine Baker. Cette jeune fille nous a expliqué qu'elle recevait, toutes les années, des enfants de Joséphine Baker.Bonne journée. Renée

Écrit par : RenéeRenée | 06/06/2006

L'excès d'amour... un terme très approprié pour Joséphine , femme au grand coeur et qui l'a prouvé par ses adoptions.

J'ai visité plusieurs fois les MILANDES, puisque QUERCY et Périgord sont voisins...



A+ amicalement Hélène

Écrit par : hélène | 06/06/2006

Quelle histoire Michka , je me suis prise d'émotion pour cette femme au grand coeur ! Je connaissais vaguement mais aujourd'hui je suis gâtée !
En plus la montagne où vous avez le loisir de faire des randonnées , deux sujets qui me plaisent beaucoup ! Merci Michka , demain avec Nicole , nous penserons à vous ! Bonne soirée et gros bisous : huguette !

Écrit par : macary huguette | 06/06/2006

J'en avais entendu parler longuement l'autre jour sur Europe 1 et ça m'a fait plaisir de relire votre note sur cette femme étonnante, qui a connu la misère, et qui, suite à ses succès a su aider des plus pauvres et démunis.
Belle carrière et femme très attachante, qui a été malheureusement assez boudée par son pays d'origine..
Merci pour ce rappel.
Jean-Louis

Écrit par : jean-louis | 07/06/2006

J'ai deux amours
Mon pays et Paris
Par eux toujours
Mon cœur est ravi
Ma savane est belle
Mais à quoi bon le nier
Ce qui m'ensorcelle
C'est Paris, Paris tout entier
Le voir un jour
C'est mon rêve joli
J'ai deux amours
Mon pays et Paris....
et
C'est moi qui suis sa petite
Son Anana, son Anana, son Anammite
Je suis vive, je suis charmante
Comme un p'tit z'oiseau qui chante
Il m'appelle sa p'tite bourgeoise
Sa Tonkiki, sa Tonkiki, sa Tonkinoise
D'autres lui font les doux yeux
Mais c'est moi qu'il aime le mieux...
on les a tous fredonnées ces deux là.....
A +
ANNIE

Écrit par : MAMINIE | 09/06/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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