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23/06/2006

Autrefois pas de médecine véritable

La médecine officielle n’avait pas bonne presse. Il faut dire que les médecins étaient si rares qu’ils ne pouvaient guère contredire les racontars qui couraient sur eux.




En 1908 par exemple, on croyait encore dans l’Allier qu’un pauvre qui entrait gravement malade à l’hôpital y était tué sournoisement : les médecins lui faisaient avaler, disait-on, des pilules empoisonnées enrobées de sucre !

Lorsqu’ils étaient malades, nos ancêtres se contentaient donc des recettes de la grand-mère, de la voisine ou du rebouteux et de remèdes de "bonne femme"
Cette expression n’a aucun lien avec les femmes mais vient du latin bona fama signifiant "de bonne réputation".
Une réputation perdue aujourd’hui car la formule a pris un sens péjoratif.


Parmi ces remèdes populaires d’hier, évoquons
le crapaud qu’il suffisait, disait-on à Cabans en Dordogne, de placer tout vivant sur l’estomac d’un malade pour faire partir le mal.
Dans le Sarladais, on assurait qu’il fallait faire grand peur au malade pour que sa fièvre tombe.
Dans le Jura, on faisait bouillir une chandelle de suif dans un quart de litre de vin rouge pour obtenir une mixture guérissant les rhumes et on mélangeait le cérumen des oreilles à de l’huile de noix pour faire passer les engelures…
En Moselle, pour garder des dents saines, on conseillait de les brosser tous les huit jours avec de l’eau-de-vie salée.
Contre la rage, on prescrivait les bains de mer (Maine),
contre les lumbagos la graisse d’un chat (Savoie),
contre le mal de dents des vers de terre à s’enfoncer dans l’oreille (Savoie),
contre les fièvres l’infusion de graines de carottes dans l’urine (Poitou)…


Il y avait aussi les Amulettes et formulettes

En Corrèze, on conseillait d’accrocher autour du cou des enfants un petit sac contenant un morceau de papier sur lequel était inscrite une incantation, pour les protéger des vers.
Même chose en Dordogne, où l’on portait de petits sacs de toile fermés à porter au cou. Certains pouvaient contenir le dard d’un serpent, une rainette, du sel, des herbes… où ne contenaient qu’un petit carré de papier chargé de formules magiques, comme : "brac cabrac, carabrac, carabrac, comjusre, crabrac, comjusre" (trouvé en 1835).
Des petits mouchoirs devaient être portés quelques jours seulement, pour éviter une contagion ou guérir une fièvre, puis être brûlés sans avoir été ouverts.
Contre les angines, rien de plus radical, assurait-on dans la Sarthe, que de garder autour du cou tout l’hiver une pomme de terre au four coupée en deux et placée dans une chaussette de laine, déjà portée bien sûr…


Et quand on savait encore à quel Saint se vouer !!
De nombreux rites de guérison étaient associés aux saints locaux.
On pensait ainsi que les débris du rocher qui avait abrité saint Calmine en Corrèze guérissaient des fièvres pourvu qu’ils soient broyés et bus dans un peu d’eau.
En Corse, il était conseillé de vouer son enfant malade à saint Antoine. S’il guérissait, le petit devait alors rester habillé trois ans comme un petit moine, avec un habit marron, un cordon blanc à la ceinture et les pieds nus.
Dans le Maine, on utilisait des formules conjuratoires du genre : "Mal, va-t-en !" ou "Mal, je te chasse !", que l’on répétait trois fois.

sans oublier, les bonnes fontaines et sources guérisseuses

Enfin, dans toute la France, des "bonnes fontaines" avaient la réputation de pouvoir guérir les malades.
En Touraine par exemple, la source de Saint-Antoine-du-Rocher soignait les dartreux.
Celle de Bray-en-Val dans le Loiret rendait leurs forces aux vieillards qui y trempaient leurs vêtements avant de les remettre trempés sur leur corps.
Dans le Blésois, celle de Busloup faisait disparaître les rhumatismes,
celle de Lavardin les furoncles (méthode à suivre : tourner le dos à la fontaine et y jeter des clous par-dessus son épaule),
celle de Saint-Firmin-des-Prés guérissait même de tout, à condition que son eau soit bue un 1er mai ou le premier vendredi de chaque mois.
Il est encore fréquent aujourd’hui de trouver dans le Limousin, le Var ou ailleurs, près d’une fontaine ou d’une source réputée, des linges apportés par des malades espérant la guérison.


Après tout, nos cures thermales ne sont-elles pas les traductions modernes de ces rites ancestraux ?

Commentaires

bonjour
très interessant et tès qu'original votre sujet d'article.....
je viens de découvrir beaucoup de choses ...
merci

Écrit par : bernard | 23/06/2006

Bonjour Michka.

Je viens de me cultiver grâce à vous. On ne peut pas tout connaître malgré avoir fait l'université !! Mais, heureusement que la médecine a évolué au cours des temps !! Et qu'elle a fait de gros progrès ...

Axelle

Écrit par : Axelle | 23/06/2006

médecine intéressante mais plutôt mourir que supporter des vers de terre dans l'oreille et un crapaud sur l'estomac. J'en grimace... BRRRRRRR !!! J'adore ces récits.. merci bises miche

Écrit par : miche | 23/06/2006

De nouveau miche car je suis allée sur les autres notes, étant absente moi aussi ces jours-ci, et je me suis régalée. Bien la note sur l'âne culotté... on en apprend tous les jours sur les blogs, c'est super sympa. Bises miche

Écrit par : miche | 23/06/2006

les méthodes de soins ont bien changé, il est vrai que dans chaque région, il existait des habitudes pour se soigner.Pas si vieux, l'utilisation des cataplasmes, des ventouses, l'hiver, je pense qu'actuellement c'est abandonné, et les sangsues pour des saignées, c'est fini. Merci Michèle pour cette note originale.Amitiés et bises. Renée

Écrit par : Renée | 23/06/2006

Non Renée, les ventouses et les sangsues ne sont pas abandonnées, la Médecine Moderne redécouvre leurs vertus...

Très instructif et très bien documenté ce blog...Félicitations !

Cette note sur la Médecine fournit un excellent complément à un de mes derniers posts qui lui relate auusi les débuts de cette Science qui ne date pas d'hier...n'est-ce pas Marcel, qui a inventé le premier médicament ?

A bientôt...

Écrit par : Crabillou | 24/06/2006

Tout ça me rappelle que chez nous , il fallait jeter 9 haricots dans le puits , pour se débarrasser (soi-disant ) des verrues !
c'était surtout en faveur des chevaux ; quand les haricots étaient pourris , les verrues tombaient !
Merci Michka , pour votre visite sur Loubéjac , en Tarn et Garonne , pas en Dordogne .....Près de Montauban où les sites prèhistoriques ne sont pas encore découverts , mais où il fait bon vivre quand la tempête nous laisse tranquille !
amicalement ! huguette !

Écrit par : macary huguette | 24/06/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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