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23/06/2008

Les "cols rouges" de Drouot sont Savoyards

Allons à la découverte des rites et traditions de cette confrérie unique en France.

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Ils sont surnommés "les Cols Rouges"
Ils vivent à Paris mais ils sont tous originaires des deux Savoies
Ce sont les "commissionnaires de l'Hôtel Drouot", chargés du transport et de la manutention dans la célèbre maison de ventes aux enchères

Et ... C'est ainsi depuis deux siècles :
les commissionnaires de l'Hôtel Drouot sont tous savoyards ou haut-savoyards.
De père en fils, on se passe le flambeau. A défaut, c'est le bouche-à-oreille qui est de rigueur dans cette profession.
Des générations de savoyards se sont transmis leur fameuse veste à col rouge, leur numéro, et parfois leur surnom.

Mais d'où vient ce privilège ?

110 Savoyards sont regroupés dans une corporation qui a la mainmise à l’Hôtel des Ventes Drouot depuis plus de 250 ans.
De génération en génération, ils déménagent, présentent plus d’un million d’objets en transit dans les 17 salles d’enchères de l’Hôtel Drouot.
Ils sont surnommés les Cols Rouges car leur veste noire est parée d’un col officier rouge orné d’un numéro, qui protège leur identité.
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Comment se déroule "La journée des Cols rouges" ?

Le jour n'est pas encore levé et les "Cols rouges" sont déjà sur le pied de guerre.
Un rituel : la distribution de la feuille d'embauche quotidienne, la constitution de l'équipe et la répartition des rôles de chacun au sein du trio. Une répartition bien définie qui se joue aux dés.
Les commissionnaires ont un rôle stratégique avant, pendant et après les ventes.
Les "Cols rouges" sont chargés de préparer les lots et de les installer pour les expositions, de les présenter au public lors de la vente et enfin de les redistribuer après règlement, voir parfois de les stocker....
Pour les appeler, on les hèle par leur numéro ou surnom



Comment devient-on "col rouge" ?

Le "jeune savoyard" qui ambitionne de devenir "commissionnaire à Drouot" est en apprentissage et n'a encore ni col rouge ni numéro. Pour ses collègues, c'est un "BIS".
La phase d'apprentissage dure 3 mois pour faire ses preuves et apprendre le métier sur le tas...
A l'issue de cette période, le sort du "BIS" est soumis au vote de ses pairs.
C'est un vote à bulletins secrets pour les 110 cols rouges.
Si le vote a été favorable le "Bis" prend la succession d'un numéro qui part en retraite

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Ici, le fils et petit-fils de commissionnaire, c'est le "commissionnaire N° 97 dit "Narcisse"

Pourquoi cette tradition ?…

Au début du 19ème siècle, l’hiver est rude en montage, la manne de l’or blanc n’a pas encore envahi les pentes alpines.
De trop nombreuses bouches à nourrir surtout l’hiver, de maigres récoltes, poussent les Savoyards à chercher un travail pour combler et subvenir aux besoins de la famille.
Ils sont nombreux à partir, à la mauvaise saison, en Italie, à Nice ou à Paris, parfois très jeunes comme les petits ramoneurs, adolescents ou adultes, à faire la saison pour aider la famille, la femme et les plus jeunes restés au village et ce dès le 17ème siècle.
A Paris ils seront cochers de fiacre, cireurs de parquets, livreurs, garçons de cafés, écaillers et manutentionnaires à Drouot.

La Savoie n’est pas encore annexée à la France lorsque Napoléon III fait reconstruire un nouvel hotel des ventes dans ce qui sera le 9ème arrondissement.
Pour la manutention, les commissaires-priseurs de l’Hôtel Drouot font appel à la main d’œuvre « étrangère », dure à la tâche. Les Auvergnats, eux aussi contraints à l’exode saisonnier, laisseront vite la place aux Savoyards pour monopoliser le commerce du bois et du charbon.

A la date de l’Annexion, les Savoyards conservent le monopole et s’organisent en Union des Commissionnaires de l’Hôtel des Ventes (UCHV), toujours en vigueur aujourd’hui.
Une corporation solidaire ! La charge se transmet depuis de génération en génération entre Savoyards, souvent d’un même village en un système de parrainage.

A Drouot, le travail est dur mais passionnant, au contact de très belles œuvres d’art, d’objets précieux ou ordinaires, si bien que ces Savoyards se spécialisent et quittent parfois la salle des ventes mythique pour devenir antiquaires.

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Mais jusqu’à quand ?
Vont-ils devoir changer leur règlement intérieur qui stipule que seuls des Savoyards peuvent postuler à Drouot ? un appel est lancé : « Les renouvellements se sont toujours effectués de bouche à oreille, aussi il faut que nous trouvions des Savoyards pour perpétuer notre tradition avant qu’elle ne meure ». A bon entendeur, salut !!

Commentaires

Bonsoir Michka
Vraiment trés heureux de te retrouver !Tes notes sont toujours aussi passionnantes.J'ignorais tout de cette tradition lié à l'hotel DROUOT.Je découvre que tu as fait une magnifique incursion en terre provençale !Tu n'étais pas trés loin de chez moi !
Est-ce toi qui a fait la photo de l'orage? Elle est trés belle !Je vois que vous avez subi de grosses intempéries !
Je t'embrasse
Jacques

Écrit par : JACQUES | 25/06/2008

Bonjour Michka,

Une belle note qui fleure bon le terroir et les traditions . Que les jeunes prennent la relève et vite. Car un tel métier a fait vivre les uns et les autres et continuera encore longtemps. Voila une corporation qui me convient, ce qui n'est pas le cas des charges de notaires ou de pharmacien !

Bises du grillon

Écrit par : christian | 29/06/2008

ça alors ! j'en apprends tous les jours... un vrai plaisir de te lire. Après les cols verts, les cols blancs, voici les cols rouges de Savoie... Bises à toi. miche

Écrit par : miche | 02/07/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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